Exposition Kubrick - suite

Mais au fur et mesure de la visite, une certaine frustration s’installe. On aurait aimé en savoir plus sur la démarche artistique de Kubrick, sur l'évolution de son œuvre.  Comment germait l'idée d'un film dans son esprit? Qu'est-ce qui fait de lui un génie du cinéma? Où est l'originalité dans sa manière de raconter une histoire? La seule réponse que nous apporte l'expo est la suivante: c'était une bête de travail. Il préparait ses films pendant des années, sans parfois les réaliser (15 ans de recherches pour un film sur Napoléon qui ne verra jamais le jour). Il s'occupait de tout: décors, scénario, cadrage (il était photographe de formation), son, montage, costumes (avec sa femme) et refusait la moindre contrainte des producteurs.
Ce manque d’analyse, malgré les extraits de films entrecoupés d'un ou deux trop courts commentaires de Scorcese et Spielberg (deux vieux copains de Stanley), participe à donner l’impression d’une exposition organisée par des fétichistes de Kubrick plutôt que des passionnés désireux de faire comprendre son œuvre au grand public.
L'expo ne manque cependant pas d'humour: les toilettes de l'espace (au rayon « 2001 »), ou la lettre de l'Eglise Evangélique scandalisée par « Lolita » valent le détour. Mais en sortant de la cinémathèque, le mystère que constituent Kubrick et son œuvre reste intact. C'est sans doute l'effet recherché puisqu'on ressort avec une terrible envie de voir tous les films de l'auteur que la cinémathèque projette..
On l’aura compris, le fan hardcore n’y trouvera donc pas grand-chose à se mettre sous la dent, mais est-ce qu’un cinéphile curieux y trouvera une bonne occasion de découvrir ce réalisateur majeur ? Sir yes sir !

 

  Benjaw